526 km
parcourus

28:50 heures
sur le vélo

2 900 mètres
d’ascension

3559 mètres
altitude maximum

7 jours sur le vélo
(75 km/jour)

18.2 km/h
vitesse moyenne

Bon on va devoir être honnête avec vous, ce titre n’est pas anodin. Il y a quelques semaines, on s’est arrêté dans une mini épicerie du Pamir et on s’est demandé « qu’est-ce que tu veux faire ? tu veux rentrer ? ». C’est la première fois qu’on mettait la question sur la poussière. A ce moment là, nous n’avions plus le moral, plus le physique et on s’est dit, allons jusqu’à Chengdu qui est incontournable pour les pandas et on prend un avion pour rentrer en Europe ! 

Après plusieurs discussions avec les amis cyclos, la famille, des sourires reçus sur les routes et parfois des petits pouces en l’air, quelques assiettes de frites, on a repris des forces dans la tête et dans les cuissots et finalement on continue ! Qui l’eut cru un voyage à vélo n’est pas tous les jours facile, héhé !

Allez on reprend là où l’on s’est arrêté le lundi 9 septembre ! Et quoi de mieux pour se remotiver qu’une bonne pluie ? 

On se lance donc tout équipé de la tête aux pieds, et on ne va pas regretter car la pluie s’arrête et durant cette journée on va turbiner. On enchaîne les kilomètres, pourtant en altitude, comme des cacahuètes à l’apéro.

En route on croise un panneau, ça se rapproche, ça se rapproche :

Et en route on se fait aussi gazer parfois ! Mais si, on respire bien sur les hauts plateaux !

En haut d’une montée, on s’arrête dans un resto improbable :

Les deux tables dehors sont occupées et personne à l’intérieur ? On va vite comprendre que le cuistot enfume littéralement l’intégralité de l’établissement! Bon c’est pas grave, on en profite pour prendre cette photo :

Les chinois payent tout avec leur téléphone, même dans le plus petit restaurant, même le marchand de fruit le long de la route, il y a toujours un QR code à scanner pour payer, préparez vous, à mon avis ça ne va pas tarder à arriver chez nous.

L’après-midi se passe en haut du plateau, on continue notre rythme endiablé, juste parfois gêné par quelques yaks ou quelques chiens. Ok ils ne sont pas agressifs mais moi je suis traumatisée depuis la Turquie et ceux là sont juste énormes :

Non il n’y a pas que des chevaux sur la photo ci-dessus, regardez bien !  

Le soir on arrive à THE BIG CITY du coin : Zoige

On tombe sur un hôtel très bien, on a toujours l’angoisse de se faire refouler à cause de nos premières expériences hôtelières en Chine. ça nous fait bien marrer car parfois ils nous disent oui et quand on sort nos passeports, ils disent « pas possible vous êtes étrangers »… mais ça ne se voyait pas avant ??? Genre on ne parle pas un mot de ta langue et on n’a pas vraiment le type asiatique !!! Enfin bref cette fois-ci pas de souci on tombe sur une dame charmante, qui nous parle non stop en chinois sans que nous ne comprenions un mot mais elle a l’air tellement adorable qu’on ne peut l’arrêter et ça n’a pas l’air de la déranger de parler toute seule, bref nous on l’adore :

On a repéré un « resto bar » en arrivant sur la route, à quelques pas de l’hôtel, c’est sympa là-dedans, ça chante, c’est joliment décoré, et le chanteur qui parle bien anglais vient nous voir tout de go, on ne peut pas ici dévoiler toutes ses pensées sur le communisme mais c’était fort intéressant 😉 

En sortant, il est un bon 21h bien tassé, il fait nuit, est-ce le hasard, ou nous protégeait-elle, mais notre petite dame de l’hôtel nous croise et nous ramène dans sa voiture ! Sachant qu’on ne comprend vraiment rien, on ne le saura jamais ! Mais c’est très sympa de sa part.

La journée suivante, commencera sous un ciel gris et menaçant, après 40km, la pause s’impose pour déjeuner sous le seul rayon de soleil de la journée sur une aire de repos en haut de la montée :

On y fait la rencontre de Yongang, qui voyage en camping car seul, il nous prête de l’eau pour cuisiner, on sympathise.. puis c’est l’heure de prendre la route, et là l’orage tombe, mais alors bien corsé ! C’est tellement rare et on est bien équipé donc pas de soucis :

Yongang qui était déjà parti depuis 20 minutes au moins a fait demi tour pour venir nous chercher car il y avait trop de pluie !! Non mais vraiment trop gentil ! On a un ticket avec les camping car. Pour la deuxième fois en Chine on se fait emmener :

Héhé on passe l’orage à sécher et on progresse de 100km sans aucun effort ! On a en plus le droit à un petit cours de chinois, en plus de « riz », « noodles », « bonjour », maintenant on sait dire « toilettes », « combien ça coûte » et « yaks » (ben oui il a traduit tout ce qu’il voyait donc on sait dire yak, super utile..)

Yongang nous dépose en fin d’après-midi à Chuanzhusi, sans soucis donc, car nous sommes tout sec !

Une petite ville qui fut autrefois bien plus vivante et était le point de départ pour les parcs magnifiques de Jiuzhaigou et Huanglong, mais la région a été touchée par un tremblement de terre, et le plus touristique Jiuzhaigou a du être fermé. Ce qui attire beaucoup moins de touristes et donne au lieu un aspect de ville fantôme par certains attraits. Ça reste un très joli endroit où s’arrêter, entouré de montagnes, d’un temple tibétain, et il reste le parc Huanglong à quelques kilomètres de là. Ça tombe bien on y va le lendemain ! 

On demande au propriétaire de notre hôtel, quel bus il faut prendre, il nous répond qu’il n’y a plus de bus, le meilleur moyen est un taxi qui nous attend toute la journée (donc hors de prix), mais le mieux c’est d’y aller avec vos vélos, ce n’est pas loin. Oui mais ça monte ! Mais non ça ne monte pas tant que ça, nous répond t-il ! D’ac d’ac c’est bien noté, on s’est encore fait avoir, encore un qui n’a jamais fait de vélo 😉

Mercredi 11 septembre nous partons de bon matin, en vélo sans les bagages, et on se tape 15km de montée non stop, puis un tunnel de 8km de long ! Du jamais vu, le plus long depuis le début de notre voyage !

Arrivés sur place, la pluie cesse, la brume se dissipe au cours de la journée. On prend un télécabine impressionnant qui nous emmène en haut du parc :

Quelqu’un aurait-il le vertige 😉 ?

Et puis ensuite il ne nous reste plus qu’à descendre à pieds tranquillement et à nous promener le long des piscines naturelles.

C’est ici, disait le panneau, que vous aurez la plus belle vue :

ou là :

Descendons un peu pour éclaircir tout ça :

ça commence à être mieux :

Voir carrément magnifique 😉

Ouf on ne regrette pas d’être venus ! Les petits oiseaux non plus :

Pour le retour, nous mettrons 40 mn pour faire les 25km, en descente du coup, jusqu’à l’hôtel. Contre 1h50 le matin, sans commentaires 😉

L’étape du lendemain va nous réserver son lot de surprises, comme tous les jours ! Nous prévoyons 105km. On s’arrête déjeuner à Songpan, ville historique tibétaine du Sichuan, agréable à visiter, avec une ancienne ville et un Spar (aucune idée du pourquoi et du comment il s’est retrouvé là) !

N’ayant fait que 25km le matin, il nous reste un petit 80 km à enquiller l’après-midi ! On prend ça avec zénitude et rien de tel qu’un peu de yoga sur le vélo pour se détendre :

Arrivés à 19h à Diexi, pas de traces d’hôtel, on galère un peu mais on trouve un homestay, une chambre chez l’habitant :

Qu’on pensait basique, grave erreur, cette habitation a une particularité très cochonne… c’est en allant aux Vééé chen dien (toilettes en chinois), que l’on découvre la supercherie ou la porcherie :

Nous aussi on a cru mal comprendre, surtout qu’il faisait nuit quand on a découvert ça, mais le trou des toilettes est avec les cochons. A-t-on touché le fond ?! Quand je pense qu’on se plaignait en Bulgarie, car il y avait l’eau stagnante de la douche autour du cabinet..

Allez ! Hauts les cœurs, on reprend sous l’impressionnante brume du matin :

Nous ne sommes plus qu’à quelques jours de Chengdu, il nous reste encore un peu d’imprévus. Un matin on passe à côté d’une statue énorme :

Une amie chinoise, va pouvoir me renseigner, il s’agirait du roi de la dynastie Xia, dont l’histoire raconte qu’il protège les populations des inondations en gérant les rivières. Tiens tiens, ça va prendre tout son sens, lors des prochains kilomètres.

A la fin d’un tunnel, on voit des voitures garées, certaines font demi tour, des personnes marchent dans le tunnel avec des frontales, on se dit, c’est quoi ce bazar ? On n’est pas bien réveillé et on se demande même s’il n’y a pas une fête dans les alentours pour que tout le monde se gare là ! Non en fait, il n’y a plus de route à la sortie du tunnel ! détruite par les fortes pluies !

La suite de la journée sera dans la même continuité, toute la zone est touchée. Ici un village entier sous l’eau :

C’est l’apocalypse, ça fait toujours mal au cœur de voir des habitations sous les eaux. De notre côté on doit prendre une autoroute à contre sens pour pouvoir passer à certains moments…

…éviter des gros trous sur la route :

Mais la palme revient à l’antépénultième tunnel emprunté dans l’après-midi, il y a carrément un trou béant. C’est là que l’on devra se faufiler, là où l’engin est en train de déblayer les cailloux pour créer un passage:

C’est vraiment le bordel dans toute la région, on ne peut s’empêcher de se demander si toutes les constructions à l’excès, les barrages, les tunnels qui trouent les montagnes comme du gruyère, n’y seraient pas pour quelques chose ^^ ? 

En tout cas mention spéciale pour cette photo :

Celui qui était en charge de garer les tractopelles a du bien se faire engueuler ^^

Plus qu’une journée de vélo avant l’arrivée à Chengdu, le paysage change et la végétation devient plus luxuriante : 

On tente une petite discussion avec un ami cycliste :

et puis le 15 septembre, en début d’après-midi, les grattes ciels se font plus visibles, les copains cyclistes plus nombreux :

les signes de pandas moins équivoques :

Nous sommes à Chengdu ! 15 millions d’habitants ! Dont 150 pandas dans un parc environ. Donc on a bien calculé, si admettons nous voulions rencontrer tous les gens de Chengdu dans une vie et qu’on avait 100 ans devant nous, il faudrait que l’on se tape plus de 400 visites par jour ! Non ce n’est pas un calcul très utile mais c’est pour se rendre compte !

Sinon c’est une ville où il fait très souvent gris, voir tout le temps gris mais c’est pour ça qu’on vient, car les pandas aiment la pluie, ça leur tient moins chaud. On peut aussi y découvrir une chaîne de magasins de sport connue dans le monde entier ou presque :

J’en profite pour passer un petit bonjour à mes collègues adorés, ça c’est du matelas :

Et apprécier le balisage très local :

Fini la promotion, non ce n’est pas l’heure de la sieste :

mais bien de la spécialité culinaire d’ici, j’ai nommé le hot-pot :

Un bouillon très épicé (le côté rouge mais l’autre côté aussi en fait), où l’on trempe ses ingrédients pour les cuire en quelques minutes. Pas super emballé, car on a eu la bouche en feu sans pouvoir distinguer un champignon d’un bout de bœuf mais vous avez compris le principe qui peut être très bon.

Une bonne nuit, car demain on se lève tôt, on a RDV à 7h30 pour l’ouverture du parc. Sommes nous sur le bon chemin ?

Dans le bon métro ?

Tous ces indices nous rassurent, sinon on pouvait aussi suivre la foule 😉 

Après 7h d’observations, voici nos plus beaux clichés :

Un panda roux pour la forme :

Mais c’est pas devant cet enclos que Romain passera le plus de temps !

Et le meilleur pour la fin, avec cette vidéo, trop trop trop mignonne !

Voilà, j’en ai fini pour Chengdu, prochaine étape, on prend un train pour aller à Kunming, encore un peu plus au sud.

A très vite 

 

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Pour voir notre aventure en chiffres, c’est par ici.

Chengdu, on tient le bambou !

5 avis sur « Chengdu, on tient le bambou ! »

  • 8 octobre 2019 à 17 h 50 min
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    Ah là là Emilie !!! encore bravo pour ce superbe article qui m’a bien fait rire…
    heureusement que vous n’avez pas abandonnés sinon Niet pour le Vietnam !
    Merci à vous, vous êtes top…

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    • 9 octobre 2019 à 21 h 28 min
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      Aaaah Chengdu la ville des Pandas !!!! Ca devait etre super de les voir !!! La vidéo est génial !!!!
      Encore d’incroyables péripéties… un tunnel 8km (je n’aurais pas du tout été a l’aise la dedans, une bonne grosse montée en velo d’1h50 ( heureusement ca avait l’air de bien valoir le coup, l’eau bleu turquoise c’est quoi exactement ? On a envie de s’y baigner..)
      En tout cas un grand merci pour cette suite de votre voyage inoubliable

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      • 12 octobre 2019 à 15 h 18 min
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        C’était énorme de les voir, ça reste un peu comme un zoo mais il y a quand même des grands enclos et surtout on soutient à fond car ils permettent de maintenir l’espèce des pandas en vie 😉 L’eau bleu turquoise on ne sait pas trop mais ce sont des bassins calcaires, formés depuis des millions d’années et l’eau qui les remplit descend de la montagne, elle est donc plutôt pure. Je ne saurai l’expliquer mais la combinaison des deux donne une eau turquoise, par contre interdit de s’y baigner, snif !!
        Merci pour ton petit mot, et des gros bisous

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    • 12 octobre 2019 à 15 h 33 min
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      Merci Sylvie, heureusement que t’es là pour noter au grand jour mon niveau d’humour 🙂 Trop hâte pour le Vietnam ! Je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça va être bien cool 😀

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  • 12 octobre 2019 à 17 h 56 min
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    Périple incroyable ! Merci encore pour ces partages, mais qui doivent être tellement moindres que tout ce que vous vivez à chaque instant… Profitez les « endurants » et bravo !
    Sylvie a hâte de vous retrouver bientôt, je crois.
    Bonne et belle continuation à vous vers le Sud !

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