1 511 km
parcourus

85:51 heures
sur le vélo

6 938 mètres
d’ascension

537 mètres
altitude maximum

21 jours sur le vélo
(72 km/jour)

17.6 km/h
vitesse moyenne

Lundi, jour de frontière. C’est devenu une sorte de rituel, les changements de pays se font les lundi. Cette fois-ci on s’attaque au pays emblématique de l’Asie du sud-est, la Thaïlande… et on ne va pas être déçu !

Nous passons le pont de l’amitié, qui enjambe le Mékong, entre le Laos et la Thaïlande puis déboulons directement sur une autoroute :

Beau panneau d’accueil mais l’essentiel n’est pas là. Avez vous remarqué une subtile différence ? On vous laisse chercher un peu pendant que nous dégustons notre pâté breton accompagné de sa baguette tradition :

Notre énième et, dernier détour, par le café Vanille de Vientiane, avant de partir, nous a permis de remplir nos sacoches de précieuses victuailles.

Les premiers km en Thaïlande nous montrent que la différence avec le Laos est choquante, les deux pays n’ont rien à voir. Nous laissons derrière nous un pays très peu développé, mais attachant, pour trouver ici une société « américanisé ». Pick-up à chaque coin de rue, 7-eleven (supérettes avec tout le nécessaire) climatisés tous les km, des stations services super modernes, des routes en parfait état, grandes marques partout… Nous ne nous attendions pas à tant d’écart !

Première journée passée intégralement sur le bas côté de l’autoroute pour arriver à notre hôtel, kitsch mais très sympa, à Udon Thani :

Là aussi la différence est frappante. Au Laos, on trouvait des guesthouses un peu partout pour environ 5 € la nuit mais dans un état de propreté souvent très discutable. Ici les prix ont été multipliés par 3 mais c’est propre, y a un frigo et même de l’eau chaude 😎

Un petit mot sur Udon Thani, notre première étape, qui n’était qu’une banale ville pour nous avant que nous ne tombions, par hasard, sur une rue un peu louche… 

On découvrira que cette ville est réputée pour la prostitution et qu’elle est en sorte la capitale « des vieux pervers occidentaux qui viennent chercher de jeunes thaï/laos »…

On dînera donc entouré d’hommes seuls, tous occidentaux, qui ont entre 40 et 90 ans… beurk, c’est aussi ça la Thaïlande, un énorme tourisme sexuel qui a lieu dans quasiment toutes les grandes villes du pays.

Mardi 12 novembre, nous attaquons les choses sérieuses :

Emilie est prête, vélo chargé, nous commençons notre descente infernale vers le sud, vers la mer ! Notre objectif est simple : parcourir au plus vite les 700 km qui nous séparent de Pattaya, autre ville à la réputation sulfureuse, pour prendre un bateau qui nous mènera ensuite vers de meilleurs cieux.

93, 98, 127, 69, 77, 101, 116, 57 ne sont pas les chiffres du loto mais le nombre de km quotidien que nous allons avaler en 8 jours. Notre plus rapide progression depuis le départ, à laquelle il faut ajouter les 79km du premier jour. 

Heureusement pour nous, le terrain sera plutôt plat et on ne s’attend pas à de gros émerveillements côté paysages. L’autoroute n’étant pas des plus agréables, nous pouvons compter sur les milliers de petites routes qui parcourent la Thaïlande pour égayer le voyage. A priori, c’est un des rare pays, avec la France, à compter autant de petites routes de campagne, quelle belle chance quand on voyage à vélo … enfin ça, c’est ce qu’on croyait !

On a failli tout casser ! Un câble est venu s’enrouler autour du moyeu en quelques tours de roue… Première fois que ça nous arrive malgré le temps passé sur les bas côtés à rouler dans tous les détritus qui traînent : morceaux de pneus, verre, vis, plastiques, chiens écrasés,.. la liste est longue !

Vous voyez ce visage ? Pas celui d’Emilie, que vous connaissez déjà, mais celui dans un beau cadre jaune en arrière plan ? Il s’agit du roi de Thaïlande, Rama X, couronné depuis 2016. Nous allons avoir le droit à sa trogne tous les 500 mètres environ. Il est partout, à chaque croisement, feu, entrée de ville,… ici ça ne rigole pas avec la monarchie et le souverain dispose de tous les pouvoirs. Bien souvent, les habitants érigent de petits monuments à sa gloire. On vous laisse regarder sur Internet pour vous faire une opinion à son sujet 😶

Au fil des kilomètres, les petites routes de l’Isan révèlent de très jolis paysages :

Le décor nous fait penser à un mix d’Etats Unis et d’Afrique du Sud, ça nous plait beaucoup.

Qui dit petites routes, dit aussi petites montées :

Comme au Laos, les thaïs ne se prennent pas la tête avec les lacets, ça monte pleine balle et super raide ! 500m à 20% ne les effraient pas… nous on attrape une énorme suée, comme d’hab 😉

En haut d’une montée, on retrouve généralement deux éléments :

Un temple et/ou un point de vue :

 

Revenons à la devinette du début avec cette photo :

C’est le jeu des 1 différence entre avant et pendant la Thaïlande… il fallait trouver la modification du rétroviseur. A notre surprise, en franchissant le pont de l’Amitié, nous nous sommes mis à rouler à gauche, comme en Angleterre. On vous rassure, c’est plus simple de s’habituer à vélo qu’en voiture 😉

On vous présente nos nouvelles copines :

On ne sait pas ce qu’il s’est passé avec les vaches de ce pays, mais des oreilles comme ça, c’est pas possible 😅 La vache qui rit aurait dû utiliser celles-ci comme modèle !

Les jours vont ensuite s’égrainer au fil des chemins de campagne, des petits restau de bord de route…

… et d’une bonne boite de cassoulet !

On retrouve les plaisirs simple de la cuisine au réchaud car, en Thaïlande contrairement aux autres pays, les hôtels (ou « resort » comme ils disent) se situent souvent en pleine campagne :

Le tableau serait parfait sans un petit détail qui va, au fil des jours, complètement ruiné notre plaisir de rouler sur ces petits chemins. Ce petit détail ressemble à ça :

Communément appelé « chien » nous aurions plutôt envie de le nommer « saloperie de **** de *** qui nous pourrit nos journées » !

Une, puis deux, puis trois, puis quatre, les agressions se multiplient au fil des jours. Il faudrait vraiment qu’on fasse une étude sur le comportement du chien à travers les pays. C’est assez incompréhensible car, au Laos par exemple, ça se passait nickel et dès la frontière franchie, c’est le bordel !

Ici les chiens sont partout, souvent errants au bord de la route, mais aussi très nombreux dans chaque maison. Ils ont surtout la fâcheuse manie de détester les vélos plus que partout ailleurs.

Nous ne pouvons donc plus rouler sereinement car à chaque maison, virage, c’est une attaque potentielle qui nous attend. Et c’est souvent très brusque et en groupe, parfois jusqu’à 7 chiens autour de nous ! J’aurais même ma première vraie chute du voyage quand 3 chiens surgiront de nul part pour arriver à 50 cm de moi et me feront tellement peur qu’un coup de guidon mal placé et bim par terre…

Voilà, on va pas épiloguer mais on a détesté rouler en Thaïlande pour cette unique raison.

On persévère quand même sur les « moyennes » routes où les km défilent…

… et les 7-eleven aussi :

Source de fraîcheur, véritable caravansérail, le 7-eleven est une institution en Thaïlande. L’indispensable de tout voyageur à vélo où nous y ferons 21 visites… oui, oui on a compté 🙈

Quelques photos des jolis paysages de l’Isan :

Nous traversons le Khao Yai National Park qui nous amène quelques belles grimpettes mais aussi quelques belles rencontres :

On manie le chien à la baguette et non pas le chien dans la baguette (comme dans certains pays).

 

Quand on vous disait qu’on avait l’impression d’être aux Etats-Unis :

Au motel, sur le bord de la highway, on gare directement son engin devant sa porte ! C’est pas ça qui va aider certains thaïlandais à maigrir. On a remarqué que l’obésité guettait pas mal de personnes dans ce pays…

A deux jours de vélo de Pattaya, stupeur dans les rangs ! Il semblerait que nous ne soyons pas autorisés à mettre nos vélos sur le bateau et que l’on doive donc faire un détour par Bangkok… on email quelques contacts, la compagnie,… on hésite beaucoup et à la dernière minute on apprend que c’est bon, ouf ! On vient de gagner 300km et s’éviter un joyeux bazar dans la capitale thaïlandaise :

A gauche : Pattaya, notre route, et à droite : Bangkok. Fin de cet insoutenable suspens 😉

Encore quelques tours de roue et , mardi 19 novembre, nous touchons au but : la mer est là ! Pattaya, la scandaleuse, s’offre à nous, enfin surtout son port :

3 heures de bateau pour traverser le golfe et atteindre Hua Hin, de l’autre côté. On s’autorise enfin une journée de repos pour profiter de cette touristique station balnéaire. La mer n’est pas très belle mais il y a des cocotiers et du sable fin, comme un air de début de vacances…

Pas grand chose dans la ville à visiter mais la gare vaut le coup d’œil :

On en profite pour donner un coup de main aux commerçants du coin :

Lors de notre passage dans un banal restau de cochons, on y rencontre le pas banal propriétaire des lieux : Sippi, un finlandais qui vit là depuis pas mal d’années. Il a tout fait dans sa vie et tient maintenant un restau… enfin lui il tient surtout sa bouteille de bière … ce qui fait qu’il n’arrive pas trop à tenir sa barrière 😉

Il nous emmènera ensuite dans son bar favori pour écouter du bon rock :

Des mois que nous n’avions pas bu plus d’une bière dans une soirée ^^

Jeudi 21 novembre, retour sur le vélo. 3 jours d’autoroute pour arriver à Chumphon, plus au sud. C’est de là que nous prendrons le bateau pour Koh Tao, l’île aux tortues.

105, 105 et 106 km sont les numéros complémentaires. Autant vous dire qu’on n’a pas trop musarder en chemin.

Le premier soir, on fait halte sur la sympathique côte de Prachuap Khiri Khan et sa « Ao Mano Bay » :

On joue à cache-cache avec les vagues avant de traverser une base aérienne…

… pour arriver dans la baie de Ao Manao :

Un petit air de Rio de Janeiro avec les pics karstiques qui découpent la côte. 

Nos hébergements se situent dans la nature et sur le bord de mer, à quelques km de l’autoroute, ce qui nous autorise quelques escapades champêtres le soir et le matin :

Deuxième soir, on est bien accueilli à l’hôtel :

Mais nous on est peu comme lui :

En mode blasé, car les petites routes sont canons mais on ne peut pas vraiment en profiter.

 

Niveau nourriture, on aime beaucoup ce que font les thaïlandais, avec les Pad Thaï :

Les bananes frites :

Un gâteau de riz bizarre mais trop bon :

les croques-monsieur industriels dégustés dans un petit restau de charme :

Le mango sticky rice (dessert préféré d’Emilie) :

Les donuts :

Toutes sortes de fruits :

Et différentes sortes de curry et de soupes. Il y a un intrus dans la liste^^

 

Dernier soir avant Koh Tao et les vacances, on est dans l’ambiance camping à la ferme :

Dimanche 24 novembre, debout 5h et départ dans la nuit pour aller prendre le ferry :

On vous rassure, même en pleine nuit, on a eu le droit à quelques toutous un peu hargneux qui ne dormaient que d’un œil sur la route…

3 heures de bateau et nous voilà enfin à Koh Tao, darla dirladada 🎵

2 jours et demi pour profiter de la plage et des petits poissons. Il y a encore trente ans, on comptait les hôtels sur les doigts de la main, aujourd’hui il faudrait un mille-pattes pour tout compter. Le développement de l’île a été impressionnant et ça se ressent dans le fond de la mer. Quasi tous les coraux sont morts et les tortues semblent avoir un peu désertées l’endroit…

On troque nos vélos contre un scooter car ici les pentes sont dignes de pistes noires :

Et c’est parti pour quelques bulles :

On aura quand même la chance de voir un petit requin à pointe noire et plein de jolis petits poissons.

L’île compte de nombreuses et jolies baies.

On enchaîne ensuite avec Koh Samui, un peu plus au sud :

C’est ici qu’on va retrouver Kim, une amie d’enfance d’Emilie, et son mari :

Cette île est beaucoup plus grande, en fait on n’a pas vraiment l’impression d’être sur une île. Et pas de snorkeling non plus, alors on joue dans les vagues et on se ballade :

Kim et Jo habitent depuis 10 ans ici alors on les suit avec grand plaisir pour notre première soirée en boite depuis le départ !

Ils nous montreront également les coins sympa à faire :

 

Après ces 7 jours de repos sur les îles, on repart pour nos quatre derniers jours de vélo en Thaïlande, on est content que ça se termine !

On roule en direction de Pak bara, petit port situé sur la cote ouest de la Thaïlande. De là nous prendrons un nouveau bateau pour Koh Lipe, dernière île avant de passer en Malaisie.

4 jours entre soleil et énormes averses, entre autoroute et petits chemins, entre restau de bord de route et « resort » perdu dans les bois, un bon résumé de notre passage dans ce pays en somme 🙂

Ah, si un détail ! Nous sommes maintenant dans la partie musulmane du pays et on s’en est tout de suite rendu compte à notre plus grand plaisir. Les gens se remettent à nous dire bonjour, on refait des photos :

On a également l’impression que les chiens sont moins présents, on les a troqués contre des petites bêtes trop mignonnes :

Vendredi 6 décembre, on largue les amarres :

Cette fois-ci c’est un peu plus compliqué, on navigue sur un speed-boat, le bateau n’est pas bien grand alors on fait tenir les vélos comme on peut. Ça se complique même en arrivant sur Koh Lipe car il n’y a pas de ponton assez gros, on doit transvaser les vélos sur une petite barque pour rejoindre l’île mais le paysage vaut le coup :

Koh Lipe, c’est également envahi de touristes mais l’île est minuscule et super jolie. Surtout, les fonds marins sont (encore) à peu près préservés et Emilie va nous offrir un superbe cadeau : 2 journées de plongée sur les spots du coin.

En compagnie de notre très sympathique guide, Aziri :

on va faire 4 plongées :

Des nudibranches, petits êtres minuscules :

On verra également une belle tortue et plein d’autres magnifiques choses mais nous n’avons pas pu tout filmer, la GoPro n’ayant pas très bien supportée les profondeurs 🤗

2 très belles journées en mer qui  apportent une note positive à notre mois passé ici :

Avant de prendre un nouveau bateau qui nous emmènera en Malaisie, avant dernier pays du périple !

La Thaïlande offre de magnifiques ressources, que ça soit au niveau des paysages, de la nourriture, de l’accueil des gens mais, on trouve, qu’il y a malheureusement trop de tourisme, et nous en sommes les premiers responsables. La pollution est très présente et le tourisme de masse ravage les eco-systèmes. Le gouvernement ferme des îles ou des zones certaines parties de l’année, il faudrait que ça se développe dans le futur en imposant notamment des quotas de touristes pour que les petits coins de paradis retrouvent toute leur splendeur.

Je vous salue et à la prochaine !

 

Pour voir toutes les photos de la Thaïlande, veuillez cliquer-ici.

Pour voir notre aventure en chiffres, c’est par ici.

Thaïlande, le paradis… gâché

8 avis sur « Thaïlande, le paradis… gâché »

  • 10 janvier 2020 à 14 h 57 min
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    Même si nous vous avons déjà retrouvés c’est génial de continuer à recevoir vos articles.
    Si on fait abstraction du tourisme débridé de certains « vieux pervers »..je retrouve des paysages très beaux dès que l’on s’éloigne des grandes villes. Romain tu es très convainquant avec ton bâton contre les clebs agressifs..gros bisous

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    • 29 mars 2020 à 19 h 15 min
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      Coucou Sylvie,
      Merci beaucoup 🙂 Oui il y en a certains qui feraient mieux de rester là où ils sont et de ne pas venir en Thaïlande!
      A très bientôt 🙂

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  • 10 janvier 2020 à 16 h 50 min
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    Superbe documentaire que l’on sent fait à têtes et cuisses + mollets reposés !
    C’est bon de vous retrouver tout sourire, et de vous suivre à nouveau ! Merci.
    La suite, la suite, la suite… Mais attention, pour ma part, j’y ai pris goût, et je souhaite poursuivre encore et encore… et loin aussi…
    Bonnes photos qui donnent votre avis mitigé sur le pays (c’est pas la faute à Moc Da^^ par hasard ?) parcouru durant un bonne parenthèse relaxante, a priori pour vous.
    … En effet, n’est-il pas « fou » d’avoir réussi à prendre de l’avance sur un tel parcours au final ?

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  • 14 janvier 2020 à 15 h 13 min
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    Encore un bel article pour conclure ce périple ! Nos aventuriers sont bien rentrés à la maison et surprise, des toutous pour les accueillir, 3 chez Romain et le petit Tom chez Emilie !! Un grand bravo pour ce long trajet en vélo .

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  • 28 janvier 2020 à 16 h 35 min
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    J’adore la vache qui rie 😂
    On voit tous les jours l’effet du tourisme en Amérique latine (là nous sommes à Cuzco…. C’est assez flagrant). Ça fait réfléchir…
    J’espère que votre retour en France s’est bien passé 😉
    Hasta luego

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    • 29 mars 2020 à 18 h 46 min
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      Hola El Aventurero !
      Merci pour ton commentaire, je pensais à vous ces derniers temps… ça ne doit pas être facile en AmSud à l’heure actuelle… faut que je retourne voir votre blog et que je prenne de vos nouvelles 🙂
      Sinon oui le retour en France nickel, et puis comme tout le monde, on vit des drôles de moments depuis quelques semaines
      A toute

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  • 25 février 2020 à 23 h 01 min
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    Bonjour Emilie, bonjour Romain 🙂
    Grâce à votre blog, j’ai pu repartir en Asie ce soir. Génial et trop drôle ! Les quelques centaines de kilomètres ensemble resteront un super souvenir 🙂
    Paul

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    • 29 mars 2020 à 18 h 44 min
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      Salut Paul,
      Merci beaucoup pour ton commentaire, ravi que tu ai pu voyager (à nouveau) à distance 🙂 Oui c’était vraiment chouette le Laos, on a beaucoup aimé aussi, et c’était un vrai plaisir que de la partager avec vous! Vivement qu’on puisse remonter sur un vélo !
      A bientôt

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