435 km
parcourus

36:45 heures
sur le vélo

12 425 mètres
d'ascension

10000 mètres
altitude maximum

7 jours sur le vélo
(62 km/jour)

11.8 km/h
vitesse moyenne

Comme on vous le disait dans le précédent article nous sommes enfin arrivés à Khorog le 7 Août, et vu notre performance sur les jours précédents, trois jours ne sont pas de trop pour reprendre le goût de la route ! Et le Pamir’s lodge malgré des lits assez rustiques, a un jardin très agréable pour ne rien faire et profiter !

Khorog c’est aussi LA plus grosse ville avant (ou après ça dépend dans quel sens vous allez) le Pamir, 20 000 habitants tout de même ! La ville avec des supermarchés (remplis de bonbons et gâteaux malheureusement pour nous qui nous attendions à y trouver des conserves), c’est aussi la ville avec des restaurants, vous pouvez y trouver un KFC :

Comprendre un Khorog Fried Chicken ! Ils sont drôles ces Tadjikes ! Mais ce restaurant sert quand même des frites et du poulet frit, que demander de plus ? Un restaurant Indien nous dirait Romain qui adore ça. Son souhait est exhaussé et c’est dans un délicieux resto Indien que l’on dîne deux soirs de suite car on sait que dans les prochains jours, ça ne va pas être la fête côté cuisine !

On n’arrête pas de vous bassiner avec le Pamir depuis plusieurs articles déjà ! Il est temps de donner quelques explications. C’est une région à l’Est du Tadjikistan, montagneuse et rustique. C’est aussi un axe stratégique qui permet de rejoindre par des routes difficiles, la Chine, l’Afghanistan ou encore le Kirghizistan (je crois que je l’ai bien écrit ^^) . On l’appelle le toit du monde pour plusieurs raisons, l’une d’elle est qu’elle est traversée par la fameuse M41, une « autoroute » qui oscille entre 3000 et plus de 4200 mètres. C’est la deuxième route la plus haute du monde après la Karakorum Highway au Pakistan. 

Allez en selle ! Il est grand temps d’aller voir comment ça se passe là-haut ! Et il y a de la route :

Khorog est situé à 2000 mètres d’altitude environ et nous devons atteindre la plateau situé à plus de 4000 mètres. Cette douce montée se fait en 120 km. J’avais quelques appréhensions sur cette grimpette et nous serons surpris de constater que ce n’est pas si difficile. Le plus dur n’est en fait pas de monter mais de rester en haut !

En plus on est aidé par des paysages somptueux :

Pour notre première nuit, nous demandons à une famille Pamiri si nous pouvons poser notre tente dans leur champ qu’ils étaient en train de travailler. Ni une, ni deux, ils arrêtent tout, sortent un tapis qu’ils posent dans le champ et nous invite à prendre un thé ! Ijrobegim, l’une des filles de la famille, est professeure à Khorog et en visite en ce moment, s’occupe de nous comme des princes :

et va même nous préparer un dîner et une chambre dans leur maison ! On en profite pour lui demander de nous traduire quelques mots en tadjike et en pamiri. Déjà comprendre et écrire son prénom aura été une belle réussite !

Un joli coup de cœur, qui va nous donner des ailes pour la suite de la montée !

On quitte nos hôtes d’un soir pour reprendre notre ascension, des montagnes de plus en plus hautes apparaissent :

Et même quelques sommets enneigés :

Ce que l’on apprécie avec la vie dans le Pamir c’est la faculté des pamiris à se débrouiller avec peu de choses. Ici une très belle porte cochère :

Là, un pont en brindille prêt à s’effondrer au moindre coup de vent :

C’est aussi un climat aride avec une végétation limitée, un paysage lunaire en somme :

Pour notre deuxième nuit, arrivés à 3600 mètres à Jelondy, nous trouvons un sanatorium ! La définition ici est un peu différente de celle en France, c’est un établissement situé sur une source d’eau chaude naturelle, l’eau est à 40°C, une sorte de cure thermale ! Un bâtiment pour les femmes, un pour les hommes, pas de photos … tout le monde est tout nu là-dedans ! L’extérieur est assez glauque :

Le chemin pour y accéder caillouteux :

Encore une fois, c’est l’accueil tadjike qui nous fera passer un bon moment. Perusa, une jeune fille qui étudie l’anglais, et travaille au Sanatorium pendant l’été, va nous aider toute la soirée, pour aller aux sources d’eau chaude, pour trouver un supermarché ouvert etc. etc. Heureusement qu’elle était là !

A 3600 mètres d’altitude on commence déjà à ressentir quelques signes bizarres pendant la nuit : mal de tête et cœur qui bat plus vite. Ça promet pour la suite !

Troisième jour sur la route, on va enfin atteindre le haut du plateau ! Autant la route était nickel depuis le départ de Khorog, autant les petits cailloux dans les rayons font leur apparition à quelques kilomètres du sommet, par contre côté circulation on est plutôt seuls, on croise trois camions dans la matinée. Voici quelques photos des paysages à quelques km du sommet :

Et voilà ! Toute bonne chose ayant une fin, l’ascension est terminée, on a atteint le premier col à 4290 mètres :

Ici, même le peu de végétation encore visible auparavant a disparu ! Ah non un peu plus loin on retrouve un truc vert et des grosses marmottes :

Se sentant un peu seuls au monde, on en profite pour tenter des nouvelles prises de vues, pas complètement réussies :

En fait nous ne sommes pas si seuls :

Je sais que je ne devrais pas le montrer si d’autres cyclistes lisent ces lignes et veulent se lancer sur cette mythique chaussée mais voici l’état de la route pendant plus de 60km ^^ :

Où allons-nous dormir ce soir ? C’est la grande question que l’on se pose toute la désertique journée. Là regardez bien sur la photo on voit une petite maison!

Si on allait leur demander s’ils font maison d’hôte ? La communication sera compliquée mais on pourra poser la tente dans leur terrain vague et dîner avec eux :

et surtout on profitera de leur charmants chats pour nous aider (ou pas du tout) à installer notre campement :

Mardi 13 Août, nous partons tôt de notre terrain vague. La route est définitivement magnifique :

Nous n’avons que 22km pour atteindre la ville d’Alichur, c’est une ville d’environ 2000 personnes, très plate car très venteuse et située à presque 4000 mètres, les conditions de vies y sont particulièrement difficiles comme on a pu le constater et encore nous y étions l’été ! Un petit tour en hiver pourrait être intéressant… ou suicidaire ! En tout cas saluons leur courage car ils savent survivre dans cet environnement vraiment hostile !

C’est à Alichur que Romain sera au plus mal, une mauvaise bactérie et la nourriture (ou le manque de nourriture) vont avoir raison de lui et c’est au lit qu’il passera sa journée . Moi j’en profite pour faire le tour de la ville et essayer de trouver un petit super market pour acheter des victuailles (échec) :

Notre homestay (maison d’hôte) sera très simple, sommaire mais au final très agréable :

Romain dans un ultime effort se lève pour le dîner, c’est pas gagné pour demain :

Si on devait peut être faire une critique ça serait sur la douche :

Un container avec un seau d’eau chaude ! Et c’est ce jour là qu’à choisi le frère de Romain pour envoyer des photos de sa Thalasso grand luxe, on a failli pleurer ^^

On ne sait pas si Romain va tenir le choc sur le vélo mais le lendemain il faut partir, de toute façon rester à 4000 mètres d’altitude ne semble pas être une bonne idée et la prochaine ville Murghab est un peu plus bas à 3600 mètres donc on décide de tenter le coup. Allez courage 😉 

La route est sympa entre Alichur et Murghab, 103 km que nous ferons finalement assez facilement :

Les 50 premiers km nous emmènent de nouveau à 4200 mètres d’altitude mais nous sommes aidés par un fort vent dans le dos, puis c’est 50km de descente ! L’état des troupes : moi je me sens droguée toute la journée, une impression vraiment étrange d’être dans les vaps et Romain est toujours malade du ventre et doit s’arrêter un certain nombre de fois sur le bord de la route ! 

On est donc heureux d’enfin arriver à Murghab, on y retrouve Tom & Sabine (Ten million turns), et nos amis Belges (les Be 5), à l’auberge Mansur Tulfabek qui est top ! 

Quelques vues de la ville :

Murghab c’est la deuxième grosse ville du Pamir (un peu comme Khorog) mais un peu moins bien quand même car il n’y a pas de bon resto indien ! Et pour notre premier jour de repos, direction la pharmacie pour tenter de soigner Romain qui commence à être plus sec qu’un abricot sec :

Des petites pilules de toutes les couleurs, on se croirait plutôt à la boulangerie pour acheter un sachet de bonbons !

Ensuite direction le bazar :

Non je ne me suis pas trompée de photo, le bazar, ce sont les containers situés en contre bas de la ville et qui ouvrent on ne sait pas vraiment quand, il faut rentrer dans chacun pour savoir ce qu’ils vendent ! On y trouve des bananes et quelques autres fruits, nous sommes ravis de remanger des vitamines !

Préparation du repas de Romain, bananes écrasées, sucre et coca :

Nous restons 3 jours à Murghab, puis le dimanche 18 Août on reprend la route ! Il nous reste 100 km pour atteindre la frontière chinoise ! Nous avions initialement prévu de passer par le Kirghizistan mais nous n’en pouvons plus de la nourriture d’Asie centrale ! Et le passage que l’on va emprunter pour aller en Chine est magnifique donc tant pis pour les steps, chevaux sauvages et yurts kirghizes et en route pour l’empire du milieu :

Ces 100 km on pensait n’en faire qu’une bouchée (enfin qu’une journée), mais c’était sans compter sur une route bien défoncée les 60 premiers km : 

On est sur un plateau à plus de 3700 mètres, et le vent a décidé de nous en mettre plein la vue ! Au début quelques tornades apparaissent :

Puis ce sont des rafales impressionnantes qui nous empêchent carrément d’avancer :

On avait repéré une sorte de « motel » pour camionneurs à 30km de la frontière, on s’était dit qu’on pourrait s’abriter là-bas mais impossible d’avancer, on s’arrête séance tenante sur le bord de la route, là où le vent à décidé de nous interrompre et on pose la tente (qui est devenue un parapente mais que l’on tient fermement) et on s’y jette pour y passer la soirée! Pendant la nuit le vent se calme, le lendemain on peut donc ranger sereinement nos affaires :

et reprendre notre route qui est devenue toute belle et goudronnée :

ça monte, ça grimpe car on doit retourner encore une fois au dessus de 4000, à 4379 mètres exactement ! C’est les montagnes russes ici ! Et la voici enfin la frontière, située à côté de ces monts enneigés, le Kulma Pass qui permet de passer du Tadjikistan à la Chine :

Bilan : une cure thermale dans les eaux chaudes naturelles de la montagne, une purge digestive et pleins de nouveaux globules rouges grâce à nos efforts en altitude mais finalement c’était une vraie balade de santé cette traversée du Pamir ! 

La suite, l’arrivée en Chine, ça n’était pas triste non plus vous allez voir !

Pour voir toutes les photos du Tadjikistan, veuillez cliquer-ici.

Pour voir notre aventure en chiffres, c’est par ici.

Balade de santé sur le toit du monde !

15 avis sur « Balade de santé sur le toit du monde ! »

  • 11 septembre 2019 à 16 h 08 min
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    C’et simplement sublime! Quelle aventure! Vous êtes dans le mythe pur, c’est génial!
    Profitez en, remettez vous bien, et go east!

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 00 min
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      Merci Jo ! C’est clair que c’était canon, on s’en rend encore plus compte maintenant, après coup !
      A très bientôt

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  • 11 septembre 2019 à 18 h 02 min
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    « Plus sec qu’un abricot sec » , la formule est géniale ! Mais pauvre Romain , je compatis ….

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 04 min
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      Héhé j’avoue avoir piqué cette expression quelque part 😉 Moi aussi je compatis.. j’avoue qu’il m’a même fait un peu peur à certains moments, heureusement on a retrouvé la route des mac do et de la junk food, ouf !

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  • 11 septembre 2019 à 18 h 50 min
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    Salut les Lu ! Faire tant de vélo, en altitude, ça doit pas être simple ! Bravo d’avoir résisté, vous avez bien le droit de vous faire plaisir après 😀 j’ai bien aimé la douche/bassine. Et j’imagine Romain, faisant ses pauses en route, à la recherche d’un rocher faute de buissons….. ;-D
    Je vous souhaite plein de positif, merci pour vos récits. Des bisous !

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 07 min
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      Non pas simple du tout 😉 Oui la douche bassine tout un concept qui met un peu de piment quand le plat est déjà bien épicé ^^ C’était exactement ça pour la recherche de rochers, haha ! En même temps il n’y avait vraiment pas beaucoup de trafic mais garder son peu de dignité restante est important ! Bisous et à très bientôt

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  • 11 septembre 2019 à 19 h 31 min
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    Ah ah !!! quel humour Emilie… tu m’as fait bien rire !!! j’imagine Romain » plus sec qu’un abricot sec » ah ah, pauvre Sylvester !!! pour nous c’est drôle ce récit, pour vous c’était moins drôle j’imagine …
    Que vous êtes courageux, je vous salue bien bas … respect totole pour votre aventure
    Bisous les loulous

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 12 min
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      Coucou Sylvie ! Après coup, ça nous fait un tas de très bons souvenirs 🙂 Romain reprend doucement du poil de la bête, depuis qu’il va dans les fastfoods il refait son Sylvester !!
      Merci pour ton message de soutien, c’est beaucoup plus facile depuis qu’on est en Chine, il y a de la nourriture à profusion, des belles routes, on se sent mieux 🙂
      Bisous

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  • 11 septembre 2019 à 22 h 22 min
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    J’avais hate de lire la fin de votre route ds ce pays, heureusement qu’on a échangé en Chine, je savais que ça finissait bien 😉
    Merci de partager ces paysages extraordinaires ! Ça fait rêver…

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 21 min
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      Salut Claire ! Héhé oui heureusement ça finit souvent bien nos histoires 🙂 J’espère que ton court passage en Chine était bien, nous on y est toujours ! ça fait bizarre de rester aussi longtemps en Chine, on en profite pour apprendre quelques mots quand on sait les prononcer ^^ Comme ça on peut améliorer nos commandes dans les restaurants ! Y’a des coins extraordinaires ici aussi..
      Très bons Foam Days, ça doit arriver à grands pas, je penserai à vous !

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  • 12 septembre 2019 à 10 h 02 min
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    ça manque un peu de verdure !!!! mais c’est vraiment splendide … Je vous envie.
    Profitez, il ne vous reste plus que 8000 km 🙂 /

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 24 min
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      Oui je vois de quoi tu parles, ça manque un peu de salade ^^ Merci pour tes encouragements, 8000 km.. une paille ! Ceci dit maintenant avec l’entraînement ça devrait mieux se passer 😉
      A très bientôt

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  • 16 septembre 2019 à 12 h 52 min
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    Bravo pour ton article Emilie, les paysages sont grandioses !! Les vélos étaient quand comme même bien montés, c’est du solide Surly !!

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    • 16 septembre 2019 à 13 h 27 min
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      Merci Alain !! Alors pour les vélos il faut féliciter le chef mécano, Romino 🙂 Oui on en est super content, du coup on balade des outils pour rien depuis Lille .. m’enfin on ne va pas se plaindre !
      A très bientôt

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  • 18 septembre 2019 à 15 h 01 min
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    Hahah j’ai bien rigolé !! Mes pauvres vous avez fait fort sur ce coup là encore ^^ et la bassine… En effet, vous étiez loin de la thalasso !! En tout cas, aventure et courage admirable, respect éternel à vous 🙂

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