802 km
parcourus

48:44 heures
sur le vélo

5 234 mètres
d'ascension

1579 mètres
altitude maximum

11 jours sur le vélo
(73 km/jour)

16.5 km/h
vitesse moyenne

Samedi 22 juin. Nous quittons Ispahan et arrivons à Téhéran après quelques heures de bus. De retour dans notre auberge favorite, l’heure est aux savants calculs sur le planning des jours suivants.

Nous devons déposer notre demande de visa pour le Turkménistan le dimanche matin et avons ensuite 10 jours d’attente pour avoir la réponse. Etant donné que l’on peut collecter notre visa à Machhad dans 10 jours et que cette ville est toute proche du Turkménistan, il est très tentant de commencer à avancer en attendant la réponse.

Si jamais on est refusé au visa, c’est un peu la galère par contre ! On serait obligé de revenir en arrière pour activer le plan B et prendre un bateau en Azerbaïdjan… pas top top

C’est Nazar et sa femme (dont nous avons oublié le nom) qui vont nous faire nous décider sur l’organisation des prochains jours :

Nous avons rencontré Nazar en allant déposer notre visa à l’ambassade du Turkménistan et puis il nous a invité à boire un thé chez lui (dans un appartement ultra luxueux du nord de la ville). Son histoire n’est pas banale car il a vécu plusieurs années aux USA et sa femme est américaine ! Un couple irano-américain, par les temps qui courent, ça ne doit pas se trouver à chaque coin de rue.

Plutôt que de végéter une nouvelle semaine à Téhéran, ils nous conseillent d’aller sur la côte. Décision est enfin prise, nous prendrons un train le lendemain pour Gorgan (nord-est de Téhéran, proche de la mer Caspienne) et pédalerons ensuite jusqu’à Machhad. Yallah ! Nous voilà bientôt de retour sur le vélo 🙂

Notre passage à Téhéran n’aurait pas été vraiment complet sans une nouvelle rencontre avec Tom et Sabine…

… après avoir assisté à la belle victoire de l’équipe de France de volley contre celle d’Iran (sport très populaire ici) :

 

Lundi 24 juin, direction la gare de Téhéran, en espérant ne pas avoir à y revenir :

De retour sur les vélos après une vingtaine de jours d’arrêt, nous sommes tout excité !

Enthousiasme qui se poursuit même dans le train de nuit car c’est plutôt confortable :

et nous arrivons plutôt frais, contrairement au temps qui est déjà très chaud :

On commence notre journée par une belle prise de tête avec l’administration iranienne car nous devons faire prolonger notre visa. C’est un peu la maison qui rend fou là dedans, faut trouver le bon guichet, trouver le type qui parle 2 mots d’anglais, avoir un papier, aller à la banque pour payer la somme faramineuse de 3 euros, remplir des formulaires où on comprend rien, aller faire des photocopies pour la police dans un magasin… bref, tous les mauvais côtés de l’Iran s’expriment dans cette matinée !

Suite à ça et notre précieuse extension de 30 jours, on peut retourner sur le macadam :

Pendant quelques jours nous allons longer une chaîne de montagne…

… en compagnie d’Ivo et Rita (cf précédent article pour les présentations) :

Ils nous rattrapent en taxi (oui car on fuse pas mal ^^) pour qu’on puisse rouler ensemble à travers le parc national du Golestan qui s’annonce dans quelques jours.

A quatre cyclos, on attire encore plus l’attention et cette fois-ci on nous offrira un très bon jus de citron fait-maison :

Les iraniens sont tellement accueillants que notre hôte WarmShowers à Minudasht ne verra aucun inconvénient à ce qu’on débarque à 4 :

Une pièce pour les sacoches, l’autre pour nous 😉

Seul hic, la fenêtre est la seule source de fraîcheur… et les journées se font de plus en plus torrides. Ivo relèvera 48 degrés sur son compteur et les températures ne baissent pas beaucoup la nuit. Autant vous dire, ça transpire pas mal !

Notre hôte, Asad, nous emmènera gentiment faire un tour dans la « jungle » comme ils disent :

Il s’agit d’une simple forêt avec une rivière mais c’est rafraîchissant et surtout ça nous permet de vivre une pré-immersion « Asie du Sud-Est » avec de magnifiques rizières :

Chaleur, humidité, riz, tout y est pour s’y croire. On clôturera la journée par un très bon repas chez les parents d’Asad :

C’est un peu flou mais cette hospitalité iranienne c’est quand même assez incroyable ! Merci à eux.

 

Notre prochain objectif est la traversée du parc national Golestan, un espace de montagnes situé au nord-est du pays. Les paysages deviennent de plus en plus sympa…

… et les pauses de plus en plus nombreuses pour trouver un peu d’ombre :

Le parc national du Golestan s’étire sur 90 000 hectares et l’on peut y trouver des sangliers, cerfs, ours et quelques léopards comme l’indiquent les panneaux :

Nous, on va surtout y trouver des iraniens car il s’agit d’un weekend « prolongé » et la route est encombrée de voitures qui se suivent à la queue leu-leu. 

 

Le soir, nous trouvons une aire de repos-mosquée avec toilettes, robinets, supérette,… vraiment pratique pour faire du « camping sauvage » qui n’a de sauvage que le nom car les iraniens sont des fervents adeptes du pique-nique et camping !

Le respect de la « bulle de confort » est une notion toute relative ici puisque le matin nous découvrirons qu’une famille est littéralement venue se coller à nous !

Nous reprenons nos vélos pour atteindre un deuxième point d’intérêt : Darkesh et ses chutes d’eaux. En route, nous faisons une pause dej’ sur un bord de route…

… quand un bus arrive avec plein d’enfants. Dans l’agitation, nous ne le remarquons pas immédiatement, mais le petit panda a été volé 🙁 c’est un bien triste jour pour nous, au revoir petit panda :

Il posait ici en compagnie de son grand frère qui appartient à Michel et Fabienne.

Pour arriver à Darkesh, c’est un peu folklo :

Il s’agit d’une sorte de petit village en bord de rivière comme les iraniens les aiment. On peut y camper, s’allonger sur des tapis et faire quelques marches dans les alentours.

L’attraction principale se situe à 45 minutes de marche avec quelques petites chutes d’eau que l’on peut escalader plus ou moins facilement^^ C’est Maryam, la fille du patron, qui nous accompagne :

 

C’est ensuite l’heure de quitter Ivo et Rita qui s’accordent une journée de repos supplémentaire :

Nous roulons en direction de Bojnourd où un hôte Warmshowers nous attend :

Journée un peu compliquée car, pour la première fois, nous allons manquer d’eau. Les villes s’espacent, le désert s’accentue et la chaleur également. Nous arrivons assoiffés à Bojnourd mais seront superbement accueillis par Hamid et Farnaz :

Cest deux là sont des supers hôtes avec une grande ouverture d’esprit et un mode de vie bien différent de ce que l’on trouve habituellement en Iran. 

Hamid est également « revendeur » non officiel Decat’ en Iran, ça nous a beaucoup fait rire 🙂 Quand un pays subit autant de sanctions et restrictions, c’est intéressant de voir comment les habitants s’organisent pour les contourner et, au final, avoir accès à la majorité des biens dont ils sont privés.

Dimanche 30 juin, nous quittons Bojnourd et avons 3 jours de vélo plutôt facile pour rejoindre Mashhad. C’est principalement en descente, en ligne droite et avec le vent dans le dos. Par contre niveau paysage, c’est plus limité :

En cours de route, nous retrouvons, pour une soirée, Ivo et Rita qui ont pris le taxi pour gagner un peu de temps :

Mashhad est la deuxième ville du pays et un important centre religieux car on peut y trouver le Mausolée de l’imam Reza, le huitième des Douze Imams pour les chiites. L’arrivée sur la ville est un peu compliquée avec un énorme trafic :

D’ailleurs, le trafic est, en général, très dense sur la majorité des routes que nous avons pris en Iran, ça gâche un peu le plaisir des fois.

A Mashhad, notre objectif premier est de récupérer le « précieux » :

Nous avons gagné le droit d’aller (bien) galérer 5 jours dans le désert turkmène, on sait d’avance que ça va être dur mais on est content d’avoir le visa !

Suite à ça, nous pouvons profiter de la ville et des « cafés » iraniens :

Pas toujours facile de comprendre l’alphabet perso-arabe 😉

 

Nous allons passer 2 nuits chez Omid, hôte Warmshowers, et son papa :

Les deux vont se donner corps et âme pour que nous soyons les plus choyés possible, nous cuisinant à manger matin et soir, nous emmenant faire un tour dans la montagne…

Emilie pourra même s’initier à la cithare.

Nous irons visiter Kang, un village avec 3 000 ans d’histoire, sur les hauteurs de Mashhad :

Omid ayant posé une journée pour nous faire découvrir la ville, il nous accompagnera pour la visite d’une maison traditionnelle bourgeoise…

… et la visite de l’énorme complexe du Mausolée de l’Imam Reza :

C’est très impressionnant à voir, il y a des milliers de personnes qui prient dans un ensemble de plusieurs mosquées très richement décorées :

Les femmes doivent porter le tchador (on vous laisse admirer la belle tenue sur Google images ;), ce qui ne ravit pas Emilie, d’autant plus que c’est son anniversaire. Et oui, nous sommes jour d’Indépendance américaine mais, bien plus important, Emilie fête ses 34 ans !

Rien de tel qu’un peu de ping-pong, pour profiter de la pâtisserie iranienne ensuite :

Les moyens et la place étant limitées (pas de CB en Iran, pas de place sur le vélo), Emilie profitera de son cadeau à notre retour 🙂

 

Vendredi 5 juillet, les choses se précisent. Il est l’heure de quitter Mashhad pour rejoindre la frontière turkmène. 3 jours de vélo sont au programme et nos premiers km se feront avec Omid qui tenait absolument à nous accompagner :

On va vite se rendre compte que les 3 jours ne vont pas être simple : on dépasse allègrement les 40 degrés la journée, vent de face, route sinueuse et les iraniens sont en forme : ça klaxonne à fond et à gogo !

Les villages rencontrés se font plus « brut » et les supérettes ne contiennent que le strict minimum :

L’ombre est également une denrée précieuse et on fait avec les moyens du bord 😉 Pour nous, ce n’est plus la route de la soie mais la route de la sueur !

 

Au deuxième soir, un petit détour, et nous dormons dans un lieu magique et chargé d’histoire : le caravansérail de Robat-e Sharaf, construit il y a près de 1 000 ans !

Nous serons les seuls (avec le gardien) à dormir à proximité de ce bâtiment qui a du voir défiler tant de voyageurs…

Faire du camping par cette température n’est pas l’idéal car le thermomètre ne baisse pas beaucoup la nuit et le soleil vient nous chauffer très fort dès 6h du matin.

Mais l’endroit est sublime.

Une dernière journée de vélo, dernières occasions pour admirer le sens du partage des iraniens…

… même si cet énorme melon est galère à transporter :

Dimanche 7 juillet au soir nous sommes dans un hôtel quelconque à 2 km de la frontière. Notre visa commençant le lundi 8 juillet, nous sommes prêts à foncer dès 8h du matin vers la frontière :

Notre dernier km en Iran, pays qui mériterait une page bilan à lui tout seul, tant il ne laisse pas indifférent. C’est dans les tuyaux pour vous raconter tout ça très bientôt 🙂

En attendant, notre ennemi est identifié : le désert et nous sommes prêts à l’affronter !

A bientôt pour la suite des aventures…

 

Pour voir toutes les photos de l’Iran, veuillez cliquer-ici.

Pour voir notre aventure en chiffres, c’est par ici.

La route de la sueur

15 avis sur « La route de la sueur »

  • 22 juillet 2019 à 8 h 25 min
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    Trop fort trop bien trop chouette!
    Je me délecte de vos aventures.
    Love sur vous !
    Lancelot

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    • 26 juillet 2019 à 8 h 09 min
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      Merciiiii Lancelot, trop sympa de penser à nous <3
      J'espère que les vacances s'annoncent bien, des gros bisous et à très vite

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      • 25 août 2019 à 8 h 21 min
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        Hè!! On l’a manqué ce caravansérail (Robat-e Shara) 😢
        Comment ce porte les fesses de Romain ? 🙂

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  • 22 juillet 2019 à 16 h 44 min
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    « Magnifique » tout cela les voyageurs, quel sens du partage avec ces étonnantes rencontres chez vos amis Iraniens !

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  • 22 juillet 2019 à 17 h 36 min
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    Génial. on sait déjà que vous êtes sains et saufs de l’autre côté, mais très intéressés de savoir comment!

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    • 26 juillet 2019 à 8 h 07 min
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      Merci Jo 🙂 je suis en train d’écrire l’article sur l’étrange Turkménistan, ça n’a pas été triste, ça c’est sur !

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  • 22 juillet 2019 à 19 h 05 min
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    Bravo encore une fois !!! je suis totalement accro à ce blog…
    merciiiiiiiiii

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    • 25 juillet 2019 à 13 h 32 min
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      ha merci !!

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  • 23 juillet 2019 à 23 h 10 min
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    Romino, le premier avis n’est pas passé ! Superbe votre article, quel chemin effectué ! Bravo et bonne chance avec ta SMP !!

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    • 25 juillet 2019 à 13 h 32 min
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      sisi ça marche bien mais on valide les commentaires, donc tant qu’ils sont en attente, ça n’apparaît pas sur le site 🙂

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  • 25 juillet 2019 à 11 h 52 min
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    salut à vous!
    J’apprécie votre bronzage artistique sur les pieds!
    Petite question: comment fait on pour fixer une tente sur un sol bétonné ??
    Omid a des faux airs de Sean connery je trouve 😀
    Continuez aussi bien, c’est top!
    Gros bisous de Lille où il fait 38 degrés aujourd’hui! Mais on a le droit d’etre peu vêtu donc ça aide 🙂

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    • 26 juillet 2019 à 8 h 06 min
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      Helloooo Mat ! oui c’est de pire en pire le bronzage des pieds ! on peut rajouter la trace du short, et du t-shirt mais heureusement on ne fait pas trop de photos 😉 Alors pour fixer une tente sur du béton, on ne met pas les sardines déjà !! et on met quelques sacoches dedans pour éviter que ça s’envole ^^
      Bonne canicule à vous, ici aussi on peut de nouveau porter des shorts et t-shirts, ça fait vraiment plaisir 😀
      bisous

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