650 km
parcourus

48:0 heures
sur le vélo

7 691 mètres
d'ascension

1972 mètres
altitude maximum

9 jours sur le vélo
(72 km/jour)

13.5 km/h
vitesse moyenne

 

Jeudi 16 mai, après 2 jours de repos à Göreme et un dernier bon ptit dej sur la terrasse de notre sympathique hôtel :

Nous reprenons les vélos avec le Nemrut Dagi comme prochain objectif. Le Nemrut Dagi, c’est une grosse montagne avec des statues au sommet qui ont été édifiées il y a plus de 2000 ans par un roi un peu mégalo… mais nous y reviendrons plus tard.

En attendant, c’est l’heure de la reprise, tout beau, tout propre :

10 minutes plus tard…

Ça grimpe sec, il fait très chaud et les pavés n’aident pas… Romain doit même pousser son vélo pour la première fois du voyage ! La douche du matin n’est déjà qu’un lointain souvenir.

Nous quittons la Cappadoce par une longue montée qui va nous emmener à 1500 mètres d’altitude. 

Ci-dessous, la jolie ville d’Urgup.

En plus de la chaleur, il faut rajouter le facteur vent. Pas de chance pour nous mais nous avons à faire avec un fort vent de face qui ne va pas nous quitter pendant 3 jours.

Encore quelques coups de pédales et on va pouvoir « plonger » dans la descente et la vallée suivante :

Et là nous avons la « chance » d’avoir 40 km de plat mais le vent est tellement fort que c’est comme si nous étions en pleine montée. On a beau appuyer très fort sur les pédales, on ne dépasse pas les 10km/h… un peu dur pour le moral !

Après nos 3 dernières nuits à l’hôtel, changement d’ambiance pour ce soir avec un joli camping « semi-sauvage » dans un parc national en bordure d’un restaurant :

Le cadre est magnifique et la vue de la tente vaut quelques étoiles :

Le lendemain, on ré-attaque par de la montée (un peu comme tous les jours en somme) :

Pour le soleil, on n’oublie pas la crème solaire mais contre le vent, on ne peut rien faire 🙁 Une nouvelle journée à subir, ça commence à faire long.

On ne pensait pas voir autant de neige en Turquie au mois de mai !

En fin d’après midi, on s’attaque à notre « Everest » à nous. Le Gezbeli Pass et ses 1990 mètres d’altitude nous attend. Vu que la montée est assez ardue et longue, on décide de commencer à en faire un peu le soir et finir le lendemain, ça paraîtra surement moins dur comme ça nan ?

Bon au final, après 2 ou 3 km de montée, on voit une jolie fontaine et décidons de prendre « notre bain » pour bivouaquer juste après. Oui car après ces quasi 2 jours et des litres de sueurs évaporées, ce n’est pas du luxe 🙂

Juste après cette fontaine, nous arrivons dans un hameau nommé Derisimli :

Allez hop, première maison, on demande si on peut dormir dans le jardin de la minuscule école qui est à côté. Nous avons frappé à la porte d’agriculteurs et dès que le monsieur comprend que nous cherchons un coin pour dormir, pas de discussion possible ! C’est direction la grange pour mettre les vélos et la maison pour dormir. Waaoh !

On ne s’attendait pas du tout à ça ni à la suite de la soirée qui va nous emmener dans un monde complètement différent. Nous sommes ici en pleine Anatolie centrale, dans une région très rurale et conservatrice. Les échanges avec nos hôtes sont très limités car il n’y a pas internet et un écart générationnel important mais leur hospitalité et leur accueil sont sans pareil !

Nous avons compris que si Emilie mettait un voile c’était mieux mais Mehmet et sa femme nous ont reçu comme des rois en nous offrant le dîner (enfin l’Iftar qui est le repas correspondant à la rupture du jeûne au coucher de soleil) et le ptit dej.

Sacrée soirée comme dirait Jean-Pierre !

Samedi matin, nous reprenons notre ascension sous une chaleur de plomb malgré un énorme vent tourbillonnant qui pousse Romain à mettre pied à terre une deuxième fois :

Les litres d’eau défilent à vitesse grand V, buvez, éliminez !

Puis Emilie franchit son « presque » premier 2000 mètres :

 

Ensuite, nous allons enchaîner plusieurs jours similaires : chaleur (jusqu’à 36 degrés), transpiration, montées, descentes, paysages grandioses et nuits à l’hôtel 😉 

 

Pratique, une route en construction et c’est quelques km de tranquillité !

 

Dans ces régions quasi-désertiques, pas facile de trouver de l’ombre pour la pause dej :

mais la vue est sympa :

 

L’hôtel en Turquie n’est pas très cher (environ 20 € la nuit) et le ptit dej est toujours inclus :

Même si en plein Ramadan, on se sent un peu seul 🙂

 

 

En arrivant sur la petite ville de Gölbaşı, les paysages sont très beaux et différents des jours précédents :

Après presque 100km de vélo dans la journée et notre 4000ème km atteint, la brochette-barbecue de poulet tombe à pic :

Au détour d’une station, nous faisons la connaissance d’un sympathique pompiste (parlant anglais) :

Sympa mais n’ayant jamais fait de vélo, il nous dit que c’est « all flat » (soit tout plat) pour les 20km restant. Haha la bonne blague ! On se tape d’abord une sacrée descente, ça c’est cool, avant d’enchaîner sur une montée extrêmement raide en plein cagnard… On aurait bien aimé lui passer le vélo pour qu’il se rende compte 😉 

Comme le midi c’est souvent sandwich pain-tomate-vache qui rit (ou similaire), le soir on se rattrape un peu :

Pour Emilie c’est les lahmacuns et pour Romain c’est le Pide au fromage. Si vous avez bien suivi, vous devez savoir de quoi il s’agit 🙂

Arrivés à Kahta (proche du Nemrut Dagi), nous trouvons un hôtel-camping et faisons la connaissance d’un autre cyclo, Adnan :

Il voyage avec son fils pendant 1 mois en Turquie et connait très bien Hakan, celui qui nous avait hébergé à Bilecick il y a 3 semaines (vous vous souvenez avec l’école ?), le monde est petit !

Ayant lu le blog des RayonMix qui ont fait l’ascension du Nemrut Dagi à vélo il y a un an, nous décidons que la montée n’est pas pour nous et optons pour un tour « à touristes » en voiture 🙂 On paye un peu cher (environ 40 euros) mais on a notre chauffeur qui va nous permettre d’éviter la terrible montée.

Le tour inclut la visite d’autres monuments dont le Pont de Septime Sévère construit il y a 2000 ans ! 

On a quand même un doute sur l’ancienneté du revêtement…

 

Les alentours du Nemrut Dagi :

Puis on en vient à la star de la journée : le fameux Nemrut ! D’ailleurs nous avons la (mal) chance de tomber en plein défilé de Cannes avec la présence d’une cinquantaine de stars du show business turc qui feront la visite en même temps que nous.

Le Nemrut Dagi c’est le projet un peu fou du roi Antichios Ier qui a édifié d’énormes statues à son effigie et à celles de divinités.

On est assez impressionné par ce spectacle, c’est vraiment joli à voir et la vue est imprenable :

L’envers du décor :

Nous assistons néanmoins tranquillement au coucher de soleil :

Avant que les derniers rayons n’irradient ces figures figées pour l’éternité :

Pour en savoir plus sur le Nemrut Dagi, le site de l’Unesco en cliquant ici.

 

23 mai, nous reprenons la route direction le sud-est de la Turquie et donc la zone Kurde du pays.

En chemin, nous traversons l’Euphrate et sa magnifique vallée. Impossible de ne pas se rappeler, en voyant ça, les cours d’histoire-geo du collège avec la Mésopotamie et son croissant fertile qui était limité par le Tigre et l’Euphrate. Quand les 2 fleuves débordaient, ils apportaient du limon qui a permis de créer les premières cultures de l’humanité.

Emilie traversant l’Euphrate et sortant de la vallée du fleuve :

Vendredi 24 mai, nous atteignons la ville de Diyarbakir. Ce qui n’était pour nous qu’une ville comme une autre sur la carte va en fait se révéler être une ville d’une grande richesse culturelle et historique.

En chemin, la présence militaire s’est faite de plus en plus forte avec de nombreux checkpoints sur la route gardés par des tanks et militaires armés. Comme une impression d’être en zone de guerre. L’on pensait que c’était dû à la proximité de la Syrie et de l’Irak mais, en arrivant à Diyarbakir, nous allons comprendre que c’est à cause du conflit qui oppose les Kurdes aux Turcs.

Nous ne sommes pas du tout spécialisés géopolitique et avons été surpris d’apprendre que cette ville est la capitale non-officielle pour les Kurdes de Turquie. Elle a été le théâtre, en 2015 et 2016, de violents affrontements entre forces armées issues du PKK et forces de sécurité turques. La vieille ville, Sur, était sous couvre-feux  et la guerre a fait de nombreuses victimes et d’importants dégâts.

D’où une impressionnante présence militaire en ville comme le montre très mal cette photo prise à la hâte :

Mis à part ça, la vieille ville est extrêmement animée et riche d’un long passé, car la ville était située sur la route de la soie. Nous y sommes enfin ! Nous avons comme fil rouge, pour nos premiers mois de voyage, cette ancestrale route et Diyarbakir officialise ce chemin que nous suivons en filigrane.

On se croirait en Asie du Sud-Est vu la météo, l’animation et la cuisine de rue.

Nous avons pris une journée de repos pour visiter la ville :

Les remparts de la vieille ville.

L’ancien caravansérail « Tarihi Hasan Paşa Hanı » :

Un caravansérail était utilisé par les marchands de la route de la soie pour se reposer et se protéger des attaques.

On a beaucoup apprécié cette vieille ville de Diyarbakir, on vous la recommande, pas comme le Ministère des affaires étrangères 😉

Au prochain épisode : un peu moins de culture, le Tigre et une actualité volcanique !

A très vite, 

Pour voir toutes les photos de Turquie, veuillez cliquer-ici.

Pour voir notre aventure en chiffres, c’est par ici.

Entre Tigre et Euphrate, l’instant culture

8 avis sur « Entre Tigre et Euphrate, l’instant culture »

  • 28 mai 2019 à 22 h 26 min
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    C’est superbe comme d’habitude , bravo à vous deux ! Le Haut-Pichot dimanche sera de la rigolade à côté de vos murs !! Bonne route.

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  • 29 mai 2019 à 11 h 36 min
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    Bravo les galériens !!! quel courage, ça donne envie … de visiter la turquie
    Bisous les loulous

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    • 31 mai 2019 à 10 h 41 min
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      Merci beaucoup, oui les turcs sont toujours aussi accueillants 🙂

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  • 29 mai 2019 à 17 h 09 min
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    2 fois le pied par terre, chochotte ^^ elle avait l’air affreuse cette montée en pavés…

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    • 31 mai 2019 à 10 h 40 min
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      haha oui c’est clair, et c’était pas la dernière !

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  • 3 juin 2019 à 14 h 42 min
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    Quand la poule voit le Tigre, l’Euphrate (vous l’avez??).

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  • 3 juin 2019 à 23 h 35 min
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    Impressionnant, on ne vous arrête plus!!
    A ce rythme, vous êtes à Singap en septembre??!
    Bravo, continuez bien ^-^
    Bisous !!

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    • 30 juin 2019 à 20 h 55 min
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      Héhé il nous reste quand même un peu plus de 10 000 km 🙂 Septembre on prévoit plutôt d’être en Chine qu’à Singap, enfin à voir, ça reste toujours un exercice compliqué le planning à vélo :-p à très bientôt, bisous

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